samedi 8 mai 2010

Changement d'adresse

Bonjour!

Cela fait un petit moment maintenant que je n'avais plus rien écrit sur ce blog... Le voyage en russie est terminé, ce blog n'a donc plus lieu d'être!
Un voyage se termine, un autre commence... Cette fois-ci, je pars à la découverte de l'asie (Thailande, Cambodge, Vietnam, Chine,...)

Pour l'occasion, un nouveau site a vu le jour: Alorsonpart.com
Vous trouverez tous les articles de ce blog, plus les articles de Thaïlande, et les carnets de voyage...

N'hésitez pas à donner vos commentaires sur ce nouveau site!

Johan

mercredi 11 mars 2009

Russie, politique (et propagande)

Bonjour à tous, et désolé pour le manque de nouvelles! Je dois dire que le temps me manque...
En ce fond de grève et insurrection en France, je voulais parler de la politique en Russie. Mais avant, quelques nouvelles du front:
Tomsk, 22 mars 2009: le printemps russe est arrivé, il fait beau. Beau, oui, mais pas chaud. Les températures oscillent entre des -4°C, très agréable, et qui fait fondre la neige; et des -17°C qui refroidissent, le matin, quand il faut aller en cours.
Les russes ont un proverbe populaire sur le printemps:
Весна показает
кто где срал.
Ce qui, en français, donnerait un truc dans le genre "Le printemps montre qui a chié, et où". Le principe est assez simple:
Printemps = température qui grimpe
température qui grimpe = neige qui fond
neige qui fond = déchets que remontent à la surface

Et donc, en l'espace de quelques jours, la neige a revêtu une couleur plus ou moins grise par endroits, complètement noire à d'autres. Les bouteilles vides, paquets de clope, sacs plastique, bref, tout ce qui a été balancé en hiver, humblement recouvert par une coucher de neige, refait subitement surface.
C'est pourquoi le printemps n'est pas la saison russe la plus jolie. Ajouter à ça la boue ambiante, les rues pleines d'eau tout le temps... il y a mieux. D'un autre côté, il fait un temps magnifique, et les températures sont quand même (beaucoup) plus agréables que précédemment! Après les -40 de l'hiver, ce -4°C apparaît comme un soulagement.


Joli paysage industriel. Tomsk.


Bon, maintenant, politique! L'évènement qui bouleverse Tomsk, en ce moment, c'est bien sûr les élections municipales. Et c'est, pour moi, l'occasion rêvée de voir un peu comment ça marche, ces élections; de demander aux russes ce qu'ils en pensent! Et je suis allé de surprise en surprise!
Tout d'abord, il faut savoir qu'à l'occasion de ces élections, le peuple russe a massivement élu les candidats du parti de Poutine, Russie Unie. En général, les élections ne duraient d'ailleurs qu'un tour.
Mais, il se trouve que dans la contrée reculée de Tomsk, les choses se sont déroulées un peu différemment. Le condidat de Russie Unie, Nicolay Nicolaytchouk (oui c'est un nom qui peut prêter à sourire, il n'a pas de chance ce pauvre garçon), n'a pas été élu au premier tour, ne remportant "que" 40% des voix.


Les 5 candidats au premier tour: le petit Nicolay au milieu à droite; Deev en haut à gauche


Pourquoi? Est-on en droit de se demander. Et bien, j'ai demandé, autour de moi, qui était ce cher Nicolaytchouk, et il se trouve qu'il est très impopulaire, parce qu'il a déjà magouillé avec la mairie, et qu'il a failli finir en prison pour extorsion de fonds... Ce qui explique, bien sûr, son mauvais score au premier tour (40% est vraiment un mauvais score pour Russie Unie, qui, sur une moyenne de 60%, atteint des 90% dans certaines villes au premier tour).

le petit Nikolaytchouk, un vrai méchant? Habiterais-je l'une des seules villes russes non gouvernées par le parti ultime? Sur fond de suspense, le deuxième tour a été organisé, et a eu lieu le 15 mars.
Entretemps, les deux candidats en lice, à savoir ce brave Nicolaytchouk et un dénommé Deev (qui ne fait parti d'aucun parti, mais que je suppose de gauche à la couleur de sa cravate), se sont littéralement battus à grands coups de campagnes publicitaires, d'affiches dans toute la ville, de distribution de "journaux", de tracts, de tout ce qui peut faire pencher la balance, d'un côté ou d'un autre.
Et, globalement, la campagne ne volait pas bien haut. Entre ce cher Nicolaytchouk qui n'a rien trouvé de mieux que "Tous pour nicolaytchouk, nicolaytchouk pour tous" (décidément j'aime bien écrire ce nom, nicolaytchouk), et l'autre, Deev, qui lui a mené une campagne aux phrases choc d'une subtilité redoutable, telle que "Travail... ou scandale?", pas moyen de savoir exactement ce que pensait l'un ou l'autre des candidats. A force de s'affronter, ils en avaient oublier de dire ce qu'eux voulaient faire de bien.


Campagne pour Deev... c'est écrit "Travail... ou discussions" sur celle de droite, "Décisions... ou inculpations" sur celle de gauche


Enfin, vint ce fameux 2eme tour... qui propulsa ce bon vieux Nicolaytchouk maire de Tomsk, avec 50,6% des voix. Là encore, ça ne vole pas bien haut, la victoire est serrée, et la défaite amère du côté de Deev...

Après, il y a quelques affaires fort glauques dans le reste de la russie... Un journal parle d'une journaliste mystérieusement disparue, d'un candidat, pourtant populaire, qui démissionne au dernier moment, mais chut! il ne faut pas en parler.


Après la campagne électorale, la propagande russe. Ou comment embrigader les jeunes dans l'armée. "TU protèges le pays, le pays prend soin de toi"


Pour revenir à la manifestation française, sachez que les russes sont bouche bée devant de tels rassemblements. Pourquoi? Tout simplement, parce qu'en russie le droit à la manifestation n'est pas encore tout à fait au point. Simple: pour faire une manifestation, il faut d'abord... demander l'autorisation au gouvernement. Autorisation qu'il peut donner, ou pas donner, ou oublier de donner, selon son bon vouloir. Les manifestations non autorisées sont sévèrement punies par la loi.


Dans la série "propagande". En dessous de tous ces couples heureux de vivre, c'est écrit "Nous avons choisi une vie sans drogue"


Deux exemples de manifestations russes, qui se sont déroulées à Vladivostok:

La première en février. Pas d'autorisation. Plusieurs centaines de personnes arrêtées.

Les mouvements d'opposition russes ne peuvent pas organiser des rassemblements ou des marches sans autorisation préalable. Les demandes présentées dans ce but par des groupes comme L'Autre Russie de l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov sont fréquemment rejetées.

L'express, 27 février
La seconde plus récemment, le 15 mars, avec autorisation cette fois. Taille de la manifestation: 1000 personnes.

Les manifestations antigouvernementales sont devenues rares au cours des présidences successives de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev, notamment en raison du durcissement de la législation à l'encontre des organisateurs de telles actions.
Romandie.com, 15 mars

Alors amis Français, profitez-en! En cas de manif, pour peu que vous soyez un peu d'accord avec les organisateurs, même si vous avez piscine, même si votre ticket Carrefour de 3€ sera périmé le lendemain, même si ils passent la rediff complète de la denière saison de Star Academy à la télé, prenez un écriteau, marquez dessus ce que vous pensez, préparez-vous pour une petite marche fort sympathique, et fort utile, et utilisez ce moyen d'expression, qui n'est finalement pas donné à tout le monde!

dimanche 1 mars 2009

Масленица! La fête du beurre!

Et nous voici, aujourd'hui 1er Mars, au premier jour du printemps! Du moins, au premier jour du printemps russe. Et oui, l'hiver est parti, et ça se sent: à Tomsk, le temps est au beau fixe. Et les températures sont de plus en plus clémentes: on oscille entre -10° et -15°. Et ça fait vraiment plaisir, un peu de chaud comme ça :-).


La babouchka (grand-mère) russe, en costume traditionnel... Remarquez l'incroyable alliance des traditions russes, et de la technologie culinaire de pointe: Utilisation d'un multi-crêpes Téfal!


Pour les Russes, le printemps se fête. Normal, après 4 mois de neige, de -40°, de vent, de neige, de brouillard, de neige, j'en passe et des meilleures. Cette fête, c'est la Масленица (Masslenitsa), traduisez littéralement: Fête du beurre. La fête a commencé il y a une semaine, et se termine aujourd'hui. La grande coqueluche de la fête du beurre, c'est la crêpe russe, le blin. Le principe se révèle en fait assez simple: tous les jours, il faut manger des blinis. Hé oui, la crêpe, ronde et dorée, représente le soleil. On rajoute plein de sucre et de beurre parce que... hé bien parce que c'est la fête, et donc on a le droit, et on mange!


Servez-vous, aujourd'hui c'est gratuit!


Alors ça, c'est la théorie (relativement simple). Car, en pratique, cette fête est régie par des règles ultra-précises et bien compliquées, que ma prof de russe a bien essayé, sans succès, de m'expliquer. Des trucs du genre "Le lundi soir, les belles-mères invitent leur beau-fils à manger des blinis chez elles", "Le mardi midi, le petit cousin par alliance va manger des blinis chez le frère du mari". Bref, c'est un poil tordu, mais pour résumer, à peu près tout le monde invite à peu près tout le monde à manger des blinis chez lui.


Toujours dans le domaine "Traditions modernes", costumes typiques et four micro-ondes.


Alors pour nous, estrangers, qui n'avons pas énormément de famille dans le coin, on s'est fait des blinis à peu près tous les jours aussi, mais chaque jour d'un pays différent: Rép. Tchèque, Canada, France, Russie, etc, etc...

Et puis, vient enfin l'apothéose. Hier, samedi, a eu lieu la grande fête de "clôture" de la maslinitsa:


Voici enfin le fameux Samovar russe, permettant de garder l'eau bien chaude au feu de bois, en action! Que coule le thé!


L'hiver est représenté par la "Dame Maslinitsa", une figure en paille. Elle est plantée en haut d'un monticule de neige, et surplombe toute la fête. Et les festivités commencent:

- Mât de cocagne: un mât qui doit faire 10 mètres de haut. Pour arriver à monter, les russes (faut-il préciser qu'ils sont complètement fous), se mettent en caleçon et, je ne sais pas si c'est pour se la péter, ou pour que ça glisse moins, s'enduisent de neige. Rappel: il fait -10°C, il y a un peu de vent, et de la neige partout! Je veux bien que le printemps soit revenu, tout ça tout ça, mais il y a des limites quand même!
Allez hop! trop facile!

Soutchol s'est essayé au mât de cocagne, mais le pauvre n'est pas monté bien haut... Belle tentative quand même!


- Combat de sacs de toile: objectif: monter sur un tronc d'arbre à l'horizontale, à environ 1 mètre de haut, puis essayer d'en déloger l'adversaire à grands coups de sacs, tout en ne tombant pas soi-même... tout un programme!
Remarquez en arrière-plan un autre inconscient qui se réveillera demain avec une belle angine!


- Luttes diverses: des je-te-tiens pas-la-ceinture-et-j'essaie-de-te-faire-tomber aux le-premier-qui-chope-le-bonnet-de-l'autre-a-gagné, c'est joyeux, jovial, énergique... que du bonheur!
Devant la violence excessive exprimée dans les luttes, et afin d'éviter de heurter les âmes les plus sensibles, les photos de lutte sont remplacées par cette photo d'une chèvre et d'un accordéoniste...


- Danses traditionnelles: tout le monde se tient par la main, on court dans un sens..... hop! on court dans l'autre sens... hop! tout le monde court vers le centre! tumultes et rebondissements, pour des heures d'amusement en perspective!
Allez allez, tout le monde danse!


- Un grand moment d'incompréhension. Des fois, je dois bien dire que j'ai du mal à comprendre ce qui se passe. Mais alors là, quelle ne fut pas ma surprise lorsque les animateurs sur la scène se mirent à se fouetter à grand coups de branches (laurier? sapin? sauge?) et d'eau chaude!!! Et, emportés dans leur élan, envoyant des grands seaux d'eau chaude sur la public, y a pas de raisons, tout le monde participe! ....Le choc des cultures...
????


- Enfin, le grand final: une dizaine de personnes essaye de défendre la Dame maslinitsa, toujours perchée sur sa colline, tandis que tous les autres grimpent pour l'attraper. Au final, le public gagne, et le symbole de l'hiver est brûlé dans un grand feu de joie.
Là encore, il y avait une sorte de scénario que je n'ai pas compris, pisque la dame déguisée pleurait la Dame Maslinitsa, et elle essayait de se rapprocher du feu tandis que les deux hommes l'en empêchaient.


Bref, ce fut une fête bien sympathique, qui sentait bon le pâté, le foin et la campagne. Étonnant, quand on y pense, pour une ville de 500.000 habitants, mais bon.

Et puis, pour finir cette semaine bien remplie de crêpes, aujourd'hui est le "dimanche du pardon". Il convient donc de s'excuser auprès de tous ses amis, pour tout ce que l'on a pu faire... Effacer l'ardoise, en quelque sorte! Ce message s'adresse donc à tous: excusez-moi pour tout ce que j'ai pu faire! Et c'est sur cette magnifique conclusion que je vous laisse. A bientôt!

vendredi 20 février 2009

Agression, re-suite et re-pas-fin

Le 28 janvier 2009, alors que je n'étais pas encore à Tomsk, a eu lieu la dernière session du tribunal jugeant mes agresseurs. Bon, normalement la séance aurait du se tenir le 18 février, et j'étais censé y aller. Mais, apparemment, ils se sont très bien passés de moi, et c'est tant mieux. Quand j'y suis allé, la semaine dernière, ils m'ont donc remis une belle grosse liasse de papiers très officiels, avec l'ensemble de l'histoire écrite en une petite nouvelle de 5 pages, puis la condamnation:


Prigavor, ça veut dire condamnation. Là, vous avez les noms des méchants: Lomakin Vladimir Viktorobitch, Podorov Ievgenniy Gennyadevitch et Orehovoya Yana Sergeevna. Mais bon je préfère les appeler "les méchants", on comprend mieux


La condamnation porte sur la fille, et sur deux types (alors que j'en a reconnu 3 au commissariat, mais bon j'ai renoncé à comprendre).

La fille: 3 ans de prison avec sursis, plus deux ans de liberté conditionnelle (elle devra pointer tous les deux mois au commissariat, interdiction de sortir de la ville)

Le type n°1: 3 ans de prison ferme

Le type n°2: 15000 roubles d'amende

Voila, pour ce qui est de la condamnation. Perso je trouve que les 3 ans sont un peu secs, là comme ça, mais il parait que ce pour ce type-là c'est une récidive. Donc en fait il va faire ses 3 ans, plus la prison avec sursis qu'il avait chopé avant. Enfin, il vaut mieux ne pas trop déconner dans ce grand pays, parce qu'en général les peines sont très sévères. Enfin, ce n'est pas mon pays, je n'ai que trop rien à dire.


Même l'agrafe de la condamnation est ultra-officielle: un cachet scellé, daté, tamponné, signé et nombredepagé... Des fois qu'il me vienne l'idée saugrenue d'ajouter une feuille au milieu, avec marqué: "Et ils doivent tous me donner 15000€ par an, à vie!"


Mais, bien sûr, l'histoire ne s'arrête pas là! (Ca serait trop beau!) L'avocat des méchants a fait appel, et l'affaire est portée devant le tribunal de Kassatsya. Je ne sais pas exactement ce que c'est, je suppose que ça correspond à notre tribunal de Cassation, mais je ne vois pas ce qu'il y a à casser vu qu'il n'y a eu qu'un seul jugement...

Décidément, quel suspense! On se croirait dans Plus belle la Vie! Mais de combien va écoper ce méchant Dr. Corbeau? La tension est à son comble, mais, hélas, on n'a pas le budget de France 3! Du coup, il faudra attendre un brin pour le prochain épisode, intitulé "La cour de Cassation", sur vos écrans le 23 mars!



Pour finir, à la rubrique tout-le-monde-s'en-fout: Je me suis coupé les cheveux (enfin!) Les avantages: je gagne 15 min. à chaque fois que je prends une douche, et je peux enfin mettre un bonnet sans me faire chier avec des cheveux qui dépassent!
L'inconvénient: j'ai perdu deux ans d'âge d'un coup! déjà que je faisais partie des plus jeunes étudiants étrangers à Tomsk, maintenant c'est complètement évident...



Serviteur,
Johan

dimanche 15 février 2009

Valence-Tomsk's not dead!

Nouveau message!! après presque 2 mois d'inactivité, voilà enfin un dimanche tranquille ou je peux écrire pépère....
Alors, que s'est-il passé pendant ces deux mois??? Eh bien, je suis rentré en France, pour les vacances de Noël. Petite pause dans le voyage et dans l'initiation linguistique, qui m'a fait le plus grand bien.

Mais maintenant, fini les vacances et la rigolade, me revoilà à Tomsk pour un nouveau semestre.

Mais avant de commencer les hostilités, j'ai quand même droit à une pause de 10 jours: Mon Pôpa et Robin, mon petit frère, décident de venir avec moi à Tomsk une dizaine de jours, pour voir comment je vis... On en profite donc pour visiter le tout-Tomsk.


Ces temps-ci à Tomsk, il fait beau (et c'est assez inhabituel je dois dire). Mais en attedant, le paysage est magnifique!


Qu'est-ce qui a changé à Tomsk? A vrai dire, pas grand-chose. Je retrouve mon chez-moi, avec Kate et Charline, je reprends vite mes repères... Les changements sont principalement climatiques: observation n°1: il a neigé (et pas qu'un peu): les trottoirs on pris 20cm de haut, les rues sont remplies d'énormes tas de neige, que les camions déneigeurs entassent un peu là où ils peuvent... Le Tom (la rivière) est complètement gelée, et un chemin a été tracé, pour que lon puisse la traverser à pied. Sur les toits, on trouve toujours un type ou deux avec sa pelle à neige (et sans protection) qui fait tomber ses 50 cm de neige, avant que le poids ne fasse s'effondrer le toit...


A Tomsk, on mange beaucoup et bien gras (rapport au froid, déperdition de chaleur, besoin de calories, tout ça... pour plus d'infos consultez un nutrologue il vous expliquera en détail) Alors hop! petite balade digestive dans la forêt!


Et puis, observation n°2: Il fait FROID! La météo est parfaite, elle nous réserve un accueil sibérien, c'est-à-dire -35°C... Parfait pour découvrir de nouveaux horizons! Par contre, au sortir de l'avion, après être partis d'un Genève avoisinant les 0°C, et après être restés 8H dans un aéroport de Moscou surchauffé, le froid saisit, il est temps d'acheter un équipement approprié!


Celui-là ça faisait un moment que je le cherchais! Ce loup à l'apparence fort sympathique répond au doux nom de Chevtchehko. Et je dis bien répond, car il parle! Frottez-lui le ventre et Chevtchenko vous remercie. Malheureusement, en hiver, le pauvre hère est sauvagement débranché...


Et puis voila, la visite se poursuit sans anicroche. 10 jours, c'est parfait pour visiter Tomsk, on a à peu près le temps de tout voir en prenant son temps. Musées, statues, traversée du Tom à pied (tiens je pourrais le marquer sur mon CV: 2009: traversée d'une rivière gelée à pied), visite des beaux quartiers (rue lénine), des vieux quartiers (maisons en bois), et aussi des pas-beaux quartiers (cité dortoir, qui correspond plus au cliché de la ville russe: des gros-immeubles-tout-en-béton-pas-beau-et-tous-pareils). Papa en profite d'ailleurs pour réparer tout ce qu'il y a de vaguement bancal dans l'appartement (une vitre cassée qui traînait là depuis 3 mois, un robinet et une chasse d'eau qui fuit, une prise qui a brûlé, un tabouret cassé,...)


Traverser le Tom à pied donc... De loin, nous apercevions quelques toits et, formions l'image d'un sympathique petit village, dans lequel on pourrait aller boire un café au bistrot du coin... eh bien, pas du tout! de l'autre côté, pas un chat... les maisons sont vides, dans un état déplorable; tout tombe en ruine. Sûrement quelques datchas!


Après ces quelques jours de vacances, buvage de thé, mangeage au restaurant, visitage de ville et traversage de rivière, mon père et mon frère rentrèrent dans notre bonne vieille France, et mon deuxième semestre à l'université polytechnique de Tomsk commença...





Deuxième semestre qui s'annonce chargé... très chargé... Étant donné que j'ai étudié le russe le semestre dernier et que, sans me vanter, je commencer à me débrouiller pas mal, j'ai décidé d'essayer de suivre les cours en russe, cette fois. Les avantages: plus de choix dans les matières, progression en russe, un brin de difficulté qui motive. Les inconvénients: travail supplémentaire (gloups).

Et dans l'ensemble, oui, il va y avoir du travail supplémentaire: Pour l'instant, j'ai suive 4 cours en russe: le premier prof marmonnait tellement que le cours ressemblait à l'office d'une église orthodoxe. Vous ne voyez pas à quoi ça ressemble, regardez par là:




Dans le deuxième cours, la prof a commencé en beauté en annonçant: "alors je vous prévient, il dans mon cours il va falloir prendre beaucoup de notes!" Yahoo!!! recopier des powerpoints en russe, j'adore, j'adhère!

Pour parer à toute éventualité, on a décidé, avec Yann, d'aller à deux dans ce genre de cours. Après tout, si on comprend chacun 50% du cours, à deux ça fait 100%! parfait!
En tout cas, les sujets ont l'air intéressants, et je suis dans l'ensemble assez content d'avoir choisi les cours en russe.

Un truc que je ne sais pas trop où placer: il y a toujours autant d'étrangers à Tomsk, et si quelques-uns s'en sont allés en décembre (Allez en paix!), un arrivage tout frais est en pleine livraison! Quelques Tchèques, Polonais, Coréens, une bonne quantité d'Allemands (comme d'hab)... Et d'autres à venir!!!


A bientôt!

jeudi 18 décembre 2008

Formalités administratives d'avant départ

Coup de gueule contre cette administration à la con, qu'est l'administration Russe!
Petit résumé des démarches administratives d'enregistrement, histoire de remettre les choses dans leur contexte:

Pour partir en Russie, il faut donc:
- Obtenir un visa de 3 mois Maximum à l'ambassade de Russie (et je passerais sur les tribulations relatives à cette démarche, test HIV négatif et autres...)
- Une fois arrivé en Russie, il faut remplir une carte d'immigration à l'aéroport (ce passage un peu délicat est à bien préparer pour les non-russophones, puisque ladite carte doit être remplie en russe...)
- Enfin, une fois arrivé dans le lieu de résidence et ce, dans un délai de trois jours après la création de la carte d'immigration, il faut s'enregistrer (c'est-à-dire indiquer aux autorités le lieu de résidence)

Donc tout ça c'est très bien, ça s'est très bien passé pour moi... Le problème, bien sûr, est que je ne dispose que d'un visa de 3 mois. Il faut donc prolonger le visa. Et c'est là que ça se corse!
A l'université, il existe un bureau qui ne s'occupe que de ça: la "dame des visas" a donc demandé nos passeports, qu'elle a précieusement conservé un mois durant (pourquoi un mois???)
Petit rappel: En Russie, il est interdit de se promener dans la rue sans papiers d'identité!!!!! Ce qui veut dire que, pendant un mois, tous les étudiants étrangers étaient passibles d'une amende de 60€, s'ils se faisaient contrôler dans la rue.

Mais passons. Un mois plus tard, le visa est prolongé: je dispose donc de mon passeport, et d'un visa séparé. Sauf que là, bien joué de la part de l'université, ils ne nous donnent pas le visa, mais juste une photocopie! Premier problème: je me retrouve sans visa, donc techniquement je n'ai pas le droit de rester en Russie. Impossible de voyager, impossible de rentrer en France, impossible de rien faire!

Alors bien sûr, dans ma candide naïveté je suis allé voir cette "dame des visas", lui demandant cordialement mes papiers dans un russe approximatif. Eh bien non, madame ne peut pas me rendre mon visa! Il faut d'abord remplir un document!
Très bien, je ne suis qu'invité dans ce pays, je dis rien. En quoi ça consiste, ce papier? En un liste de 7 bureaux dans lesquels je dois me rendre et demander des signatures.

Voici une liste rapide de mes allers-retours:
bureau 402: une signature. bureau 412: une signature, bureau 501: fermé, dortoir: la responsable n'est pas là, bureau 423: plan pour aller à la bibliothèque, bibliothèque: une signature, dortoir: une signature, bâtiment КЦ bureau 414: une signature, bureau 406: une signature.

Pour la 7ème signature, surprise!!!! Je me retrouve avec un deuxième papier, et celui-là il faut le faire signer par tous mes professeurs!!!!! Bon, encore une fois très bien... je fais signer tous ces papiers, et retourne au bureau des visas, la tâche accomplie (le tout m'ayant quand même pris une semaine)
Et là la dame me dit: "très bien, maintenant il faut rédiger une lettre officielle de demande de visa, et la faire signer au bureau 501". Génial, on est jeudi, je pars dans deux jours et j'ai toujours pas mon visa! "Donnez-moi mon visa SVP, je n'ai plus le temps pour des formalités, lui dis-je.
- Quand est-ce que vous partez?
- Après-demain
- Oh bah c'est bon, il vous reste du temps!"

AAAAAAAAAARRRRRRRRGGGGGGHHHHHHH!!!!!!!!!!


Whaou que de magnifiques signatures et tampons!

Direction bureau 501, la dame me dit "voila, c'est signé, maintenant il faut aller la faire contre-signer au bureau 405"

Puis au bureau 405 "voila, c'est signé, vous n'avez plus qu'à l'amener au bureau 421"

Bureau 421, personne. Hah, super on est jeudi soir et je n'ai toujours pas mon visa... Merci l'administration Russe.

Je trouve ça complètement scandaleux, que l'école nous prenne en otage de cette façon, ne nous laissant le droit de récupérer le visa que lorsque bon leur semble. Déjà, ce genre de formalités à la con, je ne vois pas pourquoi c'est moi qui doit me les taper. Franchement, circuler de bureau en bureau, et faire contre-signer une demande de récupération de visa je pourrais m'en passer. Et puis c'est quoi cette "demande" de récupération de visa? une "demande"? Ca veut dire qu'ils peuvent refuser? Non c'est mon visa, il y a mon nom écrit dessus, c'est ma pièce d'identité et je suis quasiment sûr que ce qu'ils font, c'est complètement illégal!

Alors bien sûr je suis allé dire ce que je pensais de leur système à la con à celle qui sembait à peu près diriger le tout, et ele n'a pas été foutue de me dire autre chose que des inepties du genre "Ah mais oui mais pour les russes cest la même chose (oui, je suis sûr qu'on leur vole leur visa pour la Russie)" et "Ben oui mais c'est comme ça moi je peux rien y faire
-- Très bien, alors dites-moi à qui je dois me plaindre!
-- Mais à qui vous voulez vous plaindre? A Poutine? Au président?"

A croire que Poutine dirige l'Université Polytechnique de Tomsk. Ils ont beau dire que l'URSS n'est plus, des fois il y a quand même des comportements qui restent, et dans le genre, le "ah mais oui c'est comme ça c'est nul mais personne n'y peut rien" est des plus affligeants.


Voila pour les nouvelles du jour, un peu acerbes certes, mais je viens de perdre une semaine à courir dans tous les recoins de l'université pour réclamer des signatures, donc comprenez mon léger agacement. En tout cas, une chose est sûre, c'est que mon visa ils sont pas prêts de le revoir!

mercredi 10 décembre 2008

Красноярск

Tout d'abord, un petit coucou à Dominique, la maman de Lou. Car, la semaine dernière, le Françomètre de Tomsk a fait un bond prodigieux, lorsque j'ai fait la connaissance de Lou, étudiante à Tomsk (TGU). Un instant, nous fûmes donc 5 français! Fûmes, car Lou repartait hier pour la lointaine France. Et donc, Dominique doit être la seule lectrice de mon blog que je ne connaisse pas (et ça me fait très plaisir). Donc, merci Dominique, et bon retour, Lou!


Tadaa! traditionnelle photo d'avant départ! De g. à d: San-in, Soutchol, Kathrin, Charline, Iosef.

Mais revenons au sujet: Красноярск (Krasnoïark), lis-je sur Wikipedia, est une ville de Sibérie, en Russie, et le centre administratif du Kraï de Krasnoïarsk. Située à 4096km de Moscou, et peuplée d'environ un million d'habitants.
Krasnoïarsk, continué-ma-revue-de-presse-je, est la deuxième plus belle ville de Sibérie, juste après Tomsk, indique le petit fûté. (Ce qui indiquerait à priori, que Tomsk est quand même mieux, faut pas pousser)

Pour ce qui est des détails techniques, Krasnoïarsk est située à 650km de Tomsk, c'est-à-dire pas grand chose, environ 15 heures de Train et une heure de décalage, c'est la capitale de la deuxième plus grande région de sibérie. En effet, le kraï de Krasnoïarsk remonte jusqu'au nord de la russie, et s'étend sur 2,5 millions de km², tout ça pour environ 2,5 millions d'habitants. Nul besoin de calculatrice, je fais tout le travail pour vous: cela donne du 1 habitant au kilomètre carré, ce qui est bien mais pas top.

L'objectif était donc d'aller visiter cette belle ville pendant le week-end. L'équipe habituelle: Kathrine, Iosef, San-in, Charline, Soutchol et moi-même. Petit groupe de 6, parfait pour voyager.
Etant donné le temps de trajet pour le moins important, nous avons décidé de partir le jeudi soir, histoire de profiter un peu de la ville. Deux moyens de transports à notre disposition: L'autobus: 14 heures de route, pas confortable, pas moyen de dormir, c'est chiant, pas de place,... et le train: 15 heures de route, des lits pour dormir, plus de place, moyen de discuter,... Après mûre réflexion, nous nous décidâmes pour le train.


Que c'est triste, un train qui siffle dans le soir...


Jeudi soir, me voila donc pour la première fois de ma vie dans un train russe. Et c'est, comment dire... différent du train français. Sur tous les points. Déjà, il y a de la place, plein de place: Les trains sont beaucoup plus grands, et là où la SNCF se serait débrouillée pour caser 4 personnes, la RJD en met deux. Pareil pour les lits, il y a de la place. Ensuite, nous avons choisi la 3eme classe: c'est-à-dire pas de compartiment. Les places sont segmentées, mais tout le monde est un peu avec tout le monde quand même. Enfin, dans un train bourré de russes, on est un peu l'attraction du coin. Pensez donc: un tchèque, une allemande, deux coréens, une suisse et un français, c'est coloré comme groupe. Donc, le train c'est long, mais on s'occupe sans problème. Jouer aux cartes, discuter avec les voisins "Et comment on dit ceci cela en français?"
Ça se passe très bien.


Ça c'est un vrai train ça monsieur! Pas comme les téguévé qu'ils font maintenant, c'est nul! Avant on savait faire des trains de qualité!


Et puis, pour une raison inconnue, le train en question s'arrête pendant 6 heures dans la sympathique petite bourgade de Taïga. Sympathique petite bourgade de 20.000 habitants, elle porte étonnamment bien son sympathique petit nom: qu'est-ce qu'il y a à voir à Taïga? Une sympathique petite gare, une sympathique petite rue principale complètement déserte... je crois que j'ai fait le tour... Ah, tous les russes disent qu'on peut aussi y rencontrer quelques sympathiques voleurs, brigands, criminels en tous genres. Bref, pas la ville de mes rêves.


Ah... quelle sympathique rue principale!


Le lendemain, nous voilà arrivés à Krasnoïarsk. Objectif n°1 acheter les billets de retour (oui, car il faut savoir que dans la gare de Tomsk, ils ne vendent que des billets au départ de Tomsk). Donc c'était un petit peu le moment épineux, est-ce qu'il va y avoir des place, et évidemment ça n'a pas loupé: plus de place pour dimanche soir. Roh quel dommage on va être obligé de prendre des places pour lundi, et rater une journée de cours! Ça c'est ballot.


Krasnoïarsk, sa gare...

Krasnoïarsk, sa rue principale...


Ensuite nous rencontrons Petra, une étudiante Tchèque, qui connaissait Iosef, et qui a proposé de nous héberger pour le week-end. Ensuite, direction le centre-ville. Krasnoïarsk est une très belle ville. En fait, ça ressemble plus à une ville que Tomsk. Le centre-ville est parsemé de décorations de Noël, et de statues çà et là. Et, sur la rue principale, quelques haut pareurs diffusent en premanence de la musique. La rivière de Krasnoïarsk est bien plus imposante que notre Tomè, et d'ailleurs, elle n'est pas gelée.
donc ça c'était vendredi.


La-rivière-qui-traverse-Krasnoïarsk-et-dont-je-ne-me-souviens-plus-du-nom


Samedi, on continue la découverte de Krasnoïarsk: La Студгородок (la ville des étudiants). Un cinéma d'art et d'essai propose "La boum" en version russe. J'aurais bien aimé voir ça, mais malheureusement j'étais le seul...
c'est pas grave, à la place on va Кататся en patins à glace. Pas loin de chez Petra, il y a une immense patinoire (extérieure bien sûr). Entrée: gratuite; Location des patins: 50 roubles (1,5€) de l'heure. Information pertinente n°529: sue les patinoires russes, on tourne dans le même sens qu'en France. Et ça, je me demande comment ça s'est passé... Est-ce qu'il y a eu un jour un immense colloque des patinoires du monde entier? "Bon alors les gars faut prendre une décision maintenant! plutôt sens des aiguilles d'une montre, où plutôt sens inverse?"


Krasnoïarsk toujours, vu d'en haut. D'ailleurs, il paraît qu'il est interdit de prendre les ponts en photo en Russie...

Et voici un concept bien étrange: un fast-food URSS! Ils affichent des marteaux et des faucilles à tour de bras, et vendent du coca-cola. Tout va bien, aucune contradiction!


Dimanche, c'est journée ski! On se lève tôt le matin (10h), pour partir tôt (12h), pour bien profiter. Arrivés à la station, petite déception: la "station" consiste en fait en deux télésièges (dont un qui ne marche pas) et 4 pistes (dont 3 qui sont fermées). Mais c'est pas grave, c'était la première sortie ski de la saison, et c'était génial quand même. Pour Soutchol, c'était sa première fois sur des skis. Il s'est bien débrouillé, mais bon il s'est démerdé pour casser ses deux bâtons... coincés sous la télésiège, et crouic! 750 roubles!


Krasnoïark de nuit, surplombé par la station de ski. Enfin... disons plutôt la piste de ski!


Après le ski, direction le Théâtre d'état de Krasnoïarsk d'opéra et de ballet, pour aller voir un ballet "Le lac des cygnes". Bon, en Russie c'est quand même un truc à faire, aller voir le lac des cygnes. Et ben voilà, maintenant c'est fait, c'est plus à faire. Le ballet aurait pu me plaire, je ne pouvais pas savoir avant d'en voir un. Maintenant je sais (wouhou).


Des datchas pleines de couleurs


Et voila qu'arrive le lundi, dernier jour. Notre train part à 15h, pendant le court laps de temps qu'il nous reste, nous visitons les Дача (Datchas). Une Datcha, c'est une petite maison de campagne. Et quasiment toutes les familles russes qui habitent en ville ont leur Datcha. Ce n'est pas forcément un château avec 2300 hectares et un petit bout de vigne pour sa consommation personnelle. En fait, une Datcha ressemblerait plutôt à une petite cabane avec un petit bout de jardin. Les russes y vont en été, la plupart d'entre eux en profitent pour cultiver quelques légumes. Puis, quand vient l'hiver, ils retournent vivre en ville. Alors évidemment, comme Krasnoïarsk compte un petit million d'habitants, ça fait un paquet de datchas. Des quartiers entiers, des kilomètres et des kilomètres de datchas, à perte de vue! Toutes côte à côte, avec une petite barrière délimitant les 10 m² de jardin. Bref, un quartier vraiment joli à voir.


C'est tentant, une petite maison comme ça!


Sur le trajet de retour, on fait la connaissance d'un groupe de gamins de Tomsk, qui étaient partis faire un tournoi de ping-pong. Tous très sympas, on a pu jouer au Dourak, le jeu de cartes typiquement russe; et on s'est essayés au Baccalauréat (on choisit une lettre au hasard, et il faut trouver un prénom, un animal, un arbre, un métier, etc... qui commence par cette lettre). Mais bon faut bien dire ce qui est, en russe c'est un peu chaud.


Wow! un peu long l'article! Je m'arrête là. Pour conclure, Krasnoïarsk est une très belle ville, ça vaut le coup de la visiter, même si Tomsk c'est mieux.

Voici quelques autres photos en diaporama:

Et voila l'adresse de l'album photo, pour les voir en grand... et en plus vous pouvez même laisser des commentaires (enfin je crois)

Sur ce, au revoir, portez-vous bien, tout ça tout ça!

samedi 29 novembre 2008

I have in ze biloute!

Titre certes un rien étrange, et qui n'a pas grand chose à voir avec le sujet. Mais bon, tout ça pour dire que moi aussi je peux faire des citations sur des films cultes. Et pas un film de 103 ans, non un vrai film, avec des couleurs et tout!


L'université d'état de Tomsk, batiment principal (ТГУ). L'université la plus importante de Tomsk, un peu en concurrence avec TPU.


Bon voilà, c'est tout pour les citations. Nouvelle du jour à Tomsk il fait froid. -27°C, ce qui constitue mon record personnel de température négative (pour l'instant). Et -27, ça commence à être froid! Armé de mon manteau en fourrure acheté sur place et d'une écharpe en laine de 3 mètres de long (merci Annick), je pensais être plutôt paré. Erreur! Premier problème: le pantalon. Un jean c'est pas le top quand il fait froid. Ou alors il faut que je me trouve des caleçons grand froid. Deuxième problème, celui-là plus inattendu: A -27°C, le plus chiant c'est de respirer. L'air froid entre directement, et c'est une torture: par le nez, il se retrouve gelé en deux deux; par la bouche, le froid fait tousser. Et là, j'ai pas vraiment de solution... Il faut que je m'y habitue!
Pour le moment, dans ma tenue je tiens 30 minutes. Après les muscles commencent à lâcher (je sais j'ai essayé)


Ancien Tomsk VS Nouveau Tomsk


Un truc génial quand il fait aussi froid c'est l'ambiance de la ville: tout d'abord parce que beaucoup de neige est tombée à Tomsk, une neige très fine, très poudreuse, et elle est appelée à rester un moment. Dès qu'il y a un peu de vent, la neige est transportée comme une fine poussière, et il y a toujours dans l'air quelques grains virevoltant.


J'ai profité d'un jour de beau temps pour visiter un nouveau quartier de Tomsk: des maisons en bois de partout, un vrai vieux quartier!

Un système de support de balcon un peu branlant...

Des tas de vieilles maisons en bois, un peu déformées par l'âge et mal entretenues.

Toujours les mêmes fenêtres ultra-sophistiquées, mais bon là la maison est barricadée...


Mais c'est la nuit que tout devient incroyable: Car à -27°C, tout ce qui peut générer un tant soit peu de chaleur, génère aussi de la fumée: Bouche d'aération, pot d'échappement, fenêtre ouverte, respiration bien sûr... Résultat, quand vient la nuit la ville se retrouve plongée dans un brouillard sans cesse alimenté par les pots d'échappements des marchroutkas(les vieux bus de tomsk). Ajoutez à ça une fine neige, un blanc paysage et des passants tous vêtus de grands manteaux et de chapkas, et vous obtenez quelque chose d'incroyable! Je me serais bien arrêté pour regarder plus longtemps, mais j'ai un temps de survie limité dans cet environnement hostile!


Toujours dans le même quartier un peu ancien de Tomsk, voici la mosquée de la ville.

Un panneau indique que celle-ci est en réparation, et qu'elle sera bientôt réouverte, mais les travaux n'ont pas l'air très intensifs...


L'autre grande nouvelle des ces dix derniers jours, aura été la visite de deux CouchSurfers en voyage en Russie, de passage à Tomsk.
Pour ceux qui ne connaissent pas, CouchSurfing est un site internet, dans lequel les adhérents peuvent proposer un hébergement à tous les autres adhérents (que ce soit une chambre à part, ou un simple divan), et en échange chaque adhérent peut potentiellement voyager à travers le monde, et être hébergé par d'autres CouchSurfers. Le principe est génial, car ceux qui voyagent peuvent trouver des logements gratuits, et cela permet de faire de super rencontres!


Tomsk entre chien et loup. Et sous la neige en plus!


En l'occurrence, nos deux CouchSurfers étaient français: Guillaume de bretagne, et Pierre d'Ardèche (ça va, je ne suis pas trop dépaysé). Ils sont actuellement en plein milieu d'un long voyage: partis de France, ils vont en Russie jusqu'à Vladivostok, puis bifurquent vers la Chine. Ils sont donc restés une semaine sur Tomsk, qui prenant des photos, qui filmant quelques scènes. Au final, cette rencontre était vraiment sympa, et je leur souhaite bonne chance pour la suite du voyage.


Et pour finir avec les photos, voici un quartier complètement différent: au programme centrale "nucléaire", usines, trains et camions pleins de suie. Pour la petite histoire, j'étais allé à une soirée avec Alex, un russe qui parle très bien français. Et je me suis réveillé le lendemain, pas très au fait des évènements passés, dans un appartement qui visiblement n'était pas le mienn, et dans un quartier un peu inconnu...


Guillaume et Pierre tiennent deux blogs: un en anglais et un en français, vous pouvez les retrouver ici:
Le blog en Anglais
Le blog en Français

Et pour ceux qui trouvent que CouchSurfing c'est un truc génial, qui veulent rencontrer des voyageurs de pleins de pays différents, améliorer leur niveau en langue étrangère, et aider des gens sympas en les hébergeant; et pourquoi pas aussi voyager pour pas cher et rencontrer plein d'autres gens, vous pouvez aller faire un tour ici: CouchSurfing

Il me reste encore trois semaines en Russie, avant de rentrer en France. Je vais essayer de profiter au maximum avant de rentrer, faire une pause d'un mois, et passer Noël en famille.

Da skorova, comme disent les russes! (à bientôt)

lundi 17 novembre 2008

Agression, suite et.... pas fin

Résumé de l'épisode précédent: Johan se promenait tranquillement dans les rues de Tomsk quand, soudain, une bande de méchants arrivent, le frappent et lui piquent son passeport et toutes ses affaires (mais surtout son passeport)
Après moultes péripéties, dont une visite du FSB, Johan se résigne à devenir un sans-papiers dans un grand pays inconnu, et où ils parlent même pas français (c'est dire!!!), ayant 1 semaine pour quitter le territoire et regardant avec regret des solutions de secours à 3000€ le retour en France...
Quand, dans un rebondissement inespéré, la police russe retrouve les méchants, le passeport, tout finit bien, bonne nuit les enfants, amen.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là bien sûr. Parce que les méchants, il faut encore qu'ils aillent au tribunal, avant d'aller en prison. Et pour le moment, sur les 5 méchants, il n'y en a qu'un qui va aller directement en prison (lui il n'a pas le choix). Pour les autres, c'est plus compliqué. Pourquoi? Parce qu'en Russie, le concept d'agression groupée n'existe pas. Donc, au vu de la justice, ce sont 4 messieurs qui ont, par une coïncidence inouïe, couru vers moi exactement au même moment. 1 d'entre eux a frappé, 1 d'entre eux a tout volé, les autres se trouvaient juste au mauvais endroit au mauvais moment. Effrayés eux aussi par tant de violence, ils se gardèrent d'intervenir. Puis, tandis que le méchant voleur prenait la fuite, les 4 autres passèrent leur chemin, en courant eux aussi, et dans la même direction que le méchant (Ca le hasard, faut pas chercher à comprendre)

Donc, comme toute cette histoire complique un peu tout, j'ai été appelé à témoigner au tribunal. (je fais l'ellipse des trois convocations au poste, pour corriger des erreurs dans le rapport aussi vitales pour l'enquête que: je tenais mon téléphone portable dans la main gauche ou dans la droite?)


Et voici une convocation officielle russe pour le tribunal. Papier A5 en P.Q. recyclé. On gaspille pas! Autre détail, vous remarquerez peut-être (ou peut-être pas, selon que vous sachiez lire le russe ou pas) que sur le papier je m'appelle Joanou Lambersenou. Eh oui, ça s'appelle des déclinaisons, et il y en a plein c'est un vrai régal!


J'avais une convocation pour le 17 novembre, à 15h. Et j'étais plutôt content d'y aller, parce que malgré les circonstances, c'est un peu l'occasion de voir comment fonctionne le système judiciaire russe. A 3h, me voilà donc aux portes du tribunal, où toutes mes affaires ont été soigneusement fouillées (des fois que je trouve ça malin de me venger en plein milieu d'un tribunal)
Après une bonne heure d'attente, le jugement commence. Tout est en place: Juge, scribe, procureur et avocat, accusés et victime.


Ceci est la photo d'un tribunal américain. C'est bon, vous visualisez bien le tribunal américain? Eh ben le tribunal Russe, c'est pas ça du tout!


Juste un petit détail, qu'ils avaient apparemment oublié: le traducteur. Ah bah oui dis donc, c'est très ballot tout ça. Conclusion, après 3minutes, le juge déclame: "Arrêtons donc une date pour la prochaine séance. Le 1er décembre, ça convient à tout le monde?"

Donc voila, suite de l'histoire oui, mais fin... pas encore. Rendez-vous le 1er décembre, pour le dénouement de cette palpitante aventure!

samedi 8 novembre 2008

Aujourd'hui j'essaie...

le caviar!
Caviar, Ikra en russe. Fleuron de la gastronomie Russe, il est... pas donné. Trop cher pour ma modeste bourse. Mais les russes sont malins, ils ont pensé à tout! Et, pour combler toutes les envies, ont inventé... le caviar du pauvre. Ça ressemble à du caviar, ça a la consistante du caviar, mais c'est pas du caviar. C'est des algues!


Donc ça, c'est une sorte de faux caviar, de caviar pour végétarien en quelque sorte. Du rouge ou du noir, au choix.


Bon, à vrai dire, je pensais vraiment acheter du caviar dans le magasin. C'est uniquement une fois à la maison, le dictionnaire à la main, que j'ai compris que ce n'était pas moi qui venais de faire une super affaire en achetant du caviar pour 120 roubles...


Coluche avait tort: le caviar, c'est bien meilleur à la louche!


Deux-trois trucs sur le caviar: Il y en a de deux sortes en Russie: le caviar noir, le plus connu (des œufs d'esturgeon). Évidemment, des caviars noirs, il y en a des tas: des caviars chers, et des très chers (~8000€ du kilo). Ensuite, beaucoup moins cher, et beaucoup plus répandu: le caviar rouge. Cette fois c'est des œufs de saumon. Ce caviar-là est abordable, et beaucoup de restaurants proposent des blinis au caviar rouge (super bon).

Et donc, pour ceux qui sont pauvres mais qui veulent quand même faire comme les riches, il y a le caviar d'algues. j'ai cherché un peu sur Internet comment ils faisaient (parce que ça a vraiment une consistance particulière, très... caviaresque), je suis uniquement tombé sur des sites avec plein de végétariens en manque de vitamines, qui diversifient leurs salades avec un petit caviar... Ah, et oui, un site breton qui propose ce genre de trucs. Peut-être une spécialité typiquement bretonne, qui sait?